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Cérémonies commémoratives des martyrs de Tulle - Déplacement du Président de la République

 
 
Cérémonies commémoratives des martyrs de Tulle - Déplacement du Président de la République

Jeudi 9 juin 2016, le Président de la République François HOLLANDE s'est déplacé à Tulle pour participer aux 72e cérémonies commémoratives des martyrs de Tulle.

Dans un premier temps, le Président de la République s'est rendu à la salle Marie Laurent pour y rencontrer Jean Viacroze, rescapé du massacre de Tulle et de Dashau, et Robert Hebras, survivant d'Oradour-sur-Glane. Cette rencontre a été précédée par la diffusion des premières minutes du documentaire de Caroline REUSSNER "Les SS de la Das Reich, un parcours de la désolation". A l'issue de cette séquence, le chef de l'Etat s'est entretenu avec des élèves du lycée Edmond Perrier, auteurs d'une exposition sur le massacre de Tulle.

Il s'est ensuite rendu à la stèle Louisa Paulin pour y déposer une gerbe et se recueillir en présence de M. Bertrand GAUME, préfet de la Corrèze, M. Bernard COMBES, maire de Tulle, M. Pascal COSTE, président du conseil départemental de la Corrèze et M. Pascal CAVITTE, conseiller régional représentant M. Alain ROUSSET, président du conseil régional de la région Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes.

Il a ensuite participé à la marche silencieuse à travers la ville jusqu'au Haut-lieu de Cueille où il s'est de nouveau recueilli après y avoir déposé une autre gerbe, en présence notamment des élus locaux, des familles des martyrs, des associations et représentants des anciens combattants et des élèves des écoles de Tulle.

A l'issue des cérémonies, il est allé au contact des élèves des écoles et des tullistes, et a accordé un entretien aux médias pour rappeler la barbarie nazie et la nécessité de poursuivre le travail de mémoire aux jeunes générations.

Le massacre de Tulle de juin 1944 :

Le 8 juin 1944 aux environs de 20h30 – deux jours après le débarquement des troupes alliées en Normandie – un premier détachement de la division DAS REICH arrive de Brive-la-Gaillarde et pénètre dans Tulle. Armes à la main, les SS font feu de toutes parts dans la ville, forçant les derniers résistants au repli, moins de quelques heures après la libération de la ville. Dans les heures qui suivent, d’autres soldats allemands quadrillent les principales voies d’accès à Tulle, isolant la ville de tout contact extérieur.

Aux premières heures du 9 juin, en signe de représailles, les SS fouillent tous les quartiers de la ville et raflent plusieurs centaines de tullistes âgés de 18 à plus de 60 ans. D’abord acheminés sur laplace de Souilhac, ces hommes sont ensuite parqués dans l’enceinte de l’ancienne Manufacture d’armes de Tulle au prétexte de «vérifications papiers» pour faire l’objet d’une sélection préliminaire voulue par les autorités locales.

Un certain nombre d’otages sélectionnés pour leur utilité purent regagner leurs foyers, non sans que ces libérations soient assorties de conditions restrictives et avilissantes. Les otages restants furent laissés au bon vouloir de l’officier Walter SCHMALD qui opère à son tour un «tri» abject où 120 malheureux furent choisis et laissés dans l’ignorance du sort qui leur était réservé.
C’est en rejoignant la place de Souilhac entourée de blindés silencieux que les otages «en sursis» purent prendre conscience du tragique destin qui les attendait. Surplombant les files d’uniformes en armes, des cordes sont accrochées aux balcons des immeubles des rues environnantes.

99 victimes innocentes sont alors suppliciées sans autre forme de jugement, sous le regard des autres otages, et parfois sous les coups et les balles des soldats allemands. Leurs corps, dans un premier temps destinés aux eaux de la Corrèze, seront abandonnés au milieu des immondices communales sur le site de Cueille.

Les exécutions terminées, les otages restants purent regagner la manu. Le lendemain matin, environ 200 d’entre eux ont pu rejoindre leurs familles : il restait alors 311 tullistes prisonniers des soldats allemands. Embarqués dans l’après-midi du 10 juin, ils sont conduits à Limoges où une nouvelle sélection est opérée par la Gestapo et la Milice. 149 personnes seront déportés vers les camps allemands, 101 ne sont jamais revenus.

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