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Point presse sur la sécheresse en Corrèze : situation et premières mesures prises par le préfet au 15 juillet 2015.

 
Point presse sur la sécheresse en Corrèze : situation et premières mesures prises par le préfet au 15 juillet 2015.

En raison de l'état de sécheresse actuel en Corrèze, le préfet a lancé les premières investigations de la procédure pouvant conduire à classer le département en état de calamités agricoles.

Arrêtés du 15 juillet publiés au Recueil des actes administratifs disponibles ici.

SITUATION 

Météo

Les précipitations sont à un niveau inférieur à la normale depuis avril. Depuis avril, le département est en déficit hydrique. En gros le département n'a pas connu de pluie depuis un mois.

À Brive, le cumul des pluies depuis le 1er avril est le plus faible constaté depuis 20 ans à égalité avec 1995 (131 mm entre le 1er avril et aujourd'hui contre une normale à 292).

À Tulle, le cumul depuis le 1er avril est le quatrième plus faible depuis 20 ans (232 mm contre une normale à 344).

L'humidité des sols à mi-juillet atteint presque son niveau le plus bas depuis 30 ans.

Cours d'eau

Hors Dordogne et Vézère, les débits sont d'un temps de retour de 10 à 15 ans. En une semaine, ils ont baissé de 20 à 40 %.

La situation est moins inquiétante pour la Dordogne et la Vézère. Sur la Dordogne, les débits actuels (29 m3 /s à Carennac) sont très supérieurs au premier seuil de restriction (16m3/s). Sur la Vézère en revanche, le débit actuel (6,81 m3/sec à Montignac) est passé ce week-end en dessous du premier seuil de restriction (7 m3/sec).

La corrèze est à temps de retour quinquennal.

Retenues hydroélectriques

Le niveau est normal pour la saison sauf Viam sur la Vézère qui est à 59 % et Hautefage sur la Maronne qui est à 29 % (niveau bas pour des raisons essentiellement liées à sa prochaine maintenance).

Eau potable

La production des captages a baissé de 25 à 30 % sur les deux derniers mois.

Aucune difficulté pour les collectivités qui prélèvent dans la Vézère et la Dordogne.

Les difficultés constatées sont à ce stade localisées :

  • Le syndicat des eaux de Bort-les-Orgues prélève dans le Dognon pour faire face à la baisse du débit dans le Lys ; des restrictions sont envisagées ;
  • Sur le syndicat du Puy-des-Fourches-Vézère, les prélèvements dépassent les limites du débit réservé.

Les communes doivent anticiper les difficultés et avertir l’ARS avant que la pénurie soit effective. En effet, si elles doivent mobiliser des ressources alternatives, elles devront d’abord procéder à des analyses.

Agriculture

Le rendement des cultures de printemps (blé, orge) pourrait être inférieur de 15 % à celui de 2014.

La récolte de maïs fourrage pourrait être compromise si la sécheresse se poursuit.

Le rendement des prairies est inférieur de 12 % à la normale. Un déficit est d'ores et déjà constaté dans le Bassin de Brive et sur le plateau de Millevaches. Les prairies sont en train de se dessécher.

La situation pour l’alimentation du bétail est atténuée grâce aux stocks de fourrage constitués en 2014, année de production abondante.

MESURES PRISES 

Restrictions : par arrêté du 15 juillet, le préfet a placé le département en "zone d'alerte"

Les collectivités en charge de l'alimentation en eau potable feront connaître à la direction départementale des territoires, sous 7 jours puis chaque semaine, leurs besoins ainsi que l'impact des restrictions éventuelles.

Sont interdits :

  • L'arrosage des pelouses, jardins d'agrément, potagers, terrains de sport, de 8 heures à 20 heures ;
  • Le remplissage des piscines privatives, sauf remise à niveau et sauf dérogations délivrées par le gestionnaire du réseau d'alimentation en eau ;
  • Le lavage des véhicules en dehors des stations de lavage professionnelles, sauf pour ceux qui ont une obligation réglementaire (véhicules sanitaires ou alimentaires) ou technique ;
  • Le lavage des voies publiques et trottoirs sauf raison de sécurité .

Il est interdit aux utilisateurs d'ouvrages de régulation situés sur un cours d'eau ou en dérivation de provoquer des variations de débit, sauf exigence de sécurité. Sont notamment interdits les éclusées et vidanges d'étangs. Cette interdiction ne s'applique pas aux barrages géré par EDF et la SHEM.

Par ailleurs, sur le bassin de la Vézère et de l'Auvézère, l'irrigation agricole est interdite un jour par semaine (le mercredi ou le jeudi) à partir de la semaine prochaine.

Les maires demeurent habilités à prendre des mesures plus restrictives.

Prévention des incendies : par arrêté du 9 juillet, le préfet a placé le département en période rouge

Sont interdits :

  • Le brûlage de végétaux par les professionnels (il est déjà interdit en temps normal pour les particuliers pour des raisons de lutte contre la pollution ; les brûlage des autres déchets est déjà interdit totalement en temps normal) ;
  • Les travaux générateurs de risque de feu sauf les moissons ;
  • Les feux de camp ;
  • Les barbecues en dehors des enclos d’habitation régulièrement entretenus.

Les feux d'artifice pour la fête nationale ont été permis mais ils sont interdits à partir de maintenant. Les lanternes volantes sont déjà interdites en temps normal.

Calamités agricoles

La déclaration de l’état de calamités agricoles par le Comité national de gestion du risque agricole (CNGRA) suppose que soit constatée une perte de 30 % de l’ensemble de la production fourragère annuelle. Les pertes constatées au printemps n’atteignent pas ce taux et il convient donc d’observer les déficits fourragers durant l’été et l’automne pour faire un bilan fourrager complet.

Afin d’anticiper ces analyses, le préfet a donc lancé un premier recueil de données, par le biais de visites de terrain menées conjointement par des agents de la direction départementale des territoires et des représentants de la profession agricole. Ces visites de terrain débuteront les 21 et 22 juillet.

> Communiqué de presse disponible ici